Livourne, une Toscane inattendue

Tout commence sur la côte tyrrhénienne, à quelques kilomètres au sud de Pise. Un événement inattendu vient changer le destin d’un petit village de pêcheurs. Les alluvions de l’Arno ensablent peu à peu l’antique Porto Pisano. Forcée de trouver une alternative pour sauver son trafic maritime et ses échanges commerciaux, la République de Pise se tourne alors vers Livourne.

Au XVIe siècle, l’arrivée des Médicis à la tête du grand-duché de Toscane marque le début de l’âge d’or de Livourne. Elle s’établit comme l’un des plus grands ports de la Méditerranée. Son destin est définitivement scellé lorsqu’elle devient un port franc et que les Leggi Livornine sont proclamées : par ces lois, privilèges, amnisties et liberté de culte font de Livourne une ville cosmopolite, tolérante et multi-religieuse.

Vers la fin du XIXe siècle, la ville est une destination prisée de la bourgeoisie européenne. Le front de mer s’enrichit de magnifiques palais. Son architecture, son académie navale, mais aussi sa grande activité artistique complètent le cadre d’une ville élégante et culturelle. Pendant la deuxième guerre mondiale, Livourne subit d’intenses bombardements et ses principaux sites artistiques et historiques sont détruits. Le port se reconstruit sous les aspects d’une ville moderne, il conserve son activité portuaire, développe son industrie et devient un terminal incontournable pour la Corse ou la Sardaigne.

La richesse de Livourne est moins immédiate qu’à Pise, Sienne ou Florence, plus immatérielle et subtile. Il faut la chercher dans son peuple cosmopolite, dans ses traditions maritimes, dans sa culture artistique et dans son histoire tourmentée. Mais elle se donne à qui veut bien la découvrir.